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Regard sur l'Observatoire par Michel Pascal

Connaître pour protéger

Lorsque je suis arrivé dans la région il y a 5 ans, j'ai demandé autour de moi quelles étaient les données en matière de nature, en matière de biodiversité. Et finalement, il n'y en avait pas énormément.
Alors, je me suis dis que pour être efficace dans une action publique, il faut avoir des données. Ce qui se mesure, s'améliore.

Comment la biodiversité évolue dans la région, c'est important d'avoir un point zéro. C'est aussi important de voir si elle évolue dans le bon sens ou dans le mauvais sens.
Je trouve qu'aujourd'hui, nous vivons, et nous avons vécu, une sorte de drame sur la biodiversité.
À chaque étape, on fait une photographie, mais finalement, on a plutôt tendance à diminuer et à dire « on va essayer de préserver ce qui reste ».Mais non, aujourd'hui, le but n'est pas là mais au contraire de développer.

On a donc mis en place le réseau des acteurs : des associations, dont le Conservatoire botanique de Bailleul, se sont mises ensemble pour mieux organiser la donnée naturaliste.
Ensuite, nous avons travaillé avec le Conseil Régional, sur l'observation : comment mettre en lumière, mettre en valeur ces données.

L'Homme a besoin de la biodiversité pour vivre, pour se développer.
Je trouve qu'aujourd'hui on oppose encore la biodiversité au développement économique, au développement humain.
Et si la connaissance peut donner envie, tout simplement, à l'Homme,d'en savoir un peu plus, ou d'aller plus loin, ou tout simplement de protéger, c'est-à-dire de faire évoluer les indicateurs dans le bon sens, alors on aura gagné une partie de la bataille.
Donc pour moi, vraiment, la connaissance de la biodiversité fait totalement partie de la politique.

Donner envie de biodiversité

L'Observatoire est vraiment un outil formidable pour faire avancer les politiques de l'Etat et délivrer des messages forts à l'ensemble des acteurs.

Pour moi, le client de l'Observatoire, bien sûr, c'est le grand public.
Mais il y a aussi toute la clientèle « décideurs » : élus, industriels, agriculteurs, bref, tout ceux qui concourent à l'économie.
Pour eux, c'est important, l'Observatoire, les élus notamment, lorsqu'ils doivent, dans leurs compétences d'urbanisme, savoir s'ils mettent une zone d'activité ici ou là... le fait de récupérer des données de l'Observatoire, peut leur permettre de mieux élaborer leur projet.

L'Observatoire, et le Conservatoire [botanique de Bailleul], est bien placé pour, justement en utilisant ces données, organiser, derrière, la pédagogie.
En particulier, la pédagogie vis-à-vis des forces économiques, des élus, etc. En gros, leur donner envie, ça va même plus loin que la pédagogie, leur donner envie de biodiversité.

Mesurer, informer, alerter

La première priorité de l'Observatoire, une fois de plus, c'est de mesurer.C'est-à-dire de fournir des données qualifiées et incontestables. Je crois que le mot est important car trop souvent, on a tendance à présenter les donnéesde la meilleure façon qui nous arrange.

Le mot information est également important : informer tout ceux qui le souhaite, tout ceux qui se connecteront sur le site, informer tout ceux qui veulent s'intéresser et qui ont besoin de ces données dans leurs activités de tous les jours.

L'Observatoire de la biodiversité, dans ses missions, c'est aussi de pouvoir tirer la sonnette d'alarme s'il constate une dérive importante. Je pense que c'est sa mission d'alerter les pouvoirs publics, quels qu'ils soient.

L'indicateur de rêve

Mon indicateur de rêve, c'est vraiment un indicateur qui nous permettent, un peu comme un thermomètre, de mesurer la santé de la région en matière de biodiversité.
Quand la température monte, on va regarder pourquoi elle monte, quelles sont les causes et on établit un diagnostic. Ensuite, on travaille sur les causes, pour faire baisser la température.

La vallée de la Canche - 2007 - © Claudia Cerrato

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