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Regard sur... les espèce exotiques envahissantes

Les textes ci-dessous sont la transcription textuelle du reportage sur les espèces exotiques envahissantes réalisé par l'Observatoire régional de la biodiversité, en janvier 2013.

Voix off

Les phénomènes d’invasions biologiques sont un problème d’ordre mondial considéré comme l’une des causes majeures de régression de la biodiversité.
A leur origine, l’introduction volontaire ou non  par l’homme d’espèces exotiques qui, hors de leur aire de répartition native, se propagent rapidement et deviennent nuisibles à la biodiversité indigène.

Dans le Nord Pas-de-Calais, 24 plantes et 14 animaux exotiques envahissants sont actuellement identifiés.
Mais quels sont leurs impacts réels et comment lutter contre leur progression ?

Intervention de Maxence Lamirand, chargé d'étude au Conservatoire Botanique National de Bailleul

On peut voir ici une station d’Hydrocotyle fausse-renoncule. C’est une espèce exotique envahissante qui se reproduit de manière végétative. Elle se développe principalement dans les eaux calmes, les fossés, les lacs et les canaux. C’est une plante qui est arrivée en France en 1940 par les jardins. Elle s’est échappée des bassins des particuliers et a commencé à envahir le milieu à partir de cette date.

Voix off

Le caractère nuisible de l’Hydrocotyle fausse-renoncule est évident : son développement imposant concurrence directement les espèces végétales et animales du milieu.

Sur la vieille Lys à Haverskerque, l’Union des Syndicats de l'Assainissement du Nord (USAN)  a été confronté à un tout autre problème causé par cette même espèce.

Intervention de Gontran Verstaen, responsable des services techniques de l'USAN

La problématique qu’on avait, était avant tout par rapport à notre métier qui est un métier de lutte contre les inondations, était donc un problème hydrolique. L’envahissement de 2km de Vieille Lys faisait que le centre village d’Haverskerque pouvait être menacé d’inondation.

Voix off

L’USAN a lutté plus de 5 ans pour éradiquer l’envahissement de l’Hydrocotyle sur la vieille Lys, mobilisant des moyens scientifiques, humain, techniques et financiers importants.

Certaines espèces exotiques envahissantes peuvent même être dangereuses pour la santé humaine.

Intervention de Franck Bedouet, chargé d'études au CPIE Val d'Authie

La Berce du Caucase est une plante qui a également un très fort caractère envahissant sur notre secteur. Une espèce qui vient, comme son nom l’indique, du Caucase et qui a été apportée soit pour l’ornement, soit comme plante mellifère parce qu’elle attire beaucoup d’abeilles.

Donc elle peut envahir des milieux naturels, mais aussi provoquer des brûlures au second degré chez les personnes qui arrachent la plante et qui ont de la sève sur la peau exposée au soleil. Pour cette plante là, il y a donc aussi un grave problème sanitaire, et c’est pour ça qu’il est assez urgent d’intervenir.

 Voix off

En région, 1/3 des espèces envahissantes animales sont inféodées à l’eau. Lors de ses inventaires piscicoles, la Fédération de pêche du Pas-de-Calais manque rarement de rencontrer l’une d’elles, telles que l’Ecrevisse américaine ou la Perche soleil.

Intervention de Benoit Rigault, chargé de mission à la Fédération de pêche du Pas-de-Calais

Concernant la Perche soleil, c’est une espèce qui vient d’Amérique du Nord, qui a été implantée fin du 18ème en Europe et qui a colonisé pas mal de nos plan d’eau et même cours d’eau. C’est un poisson classé nuisible parce qu'il mange les œufs des autres poissons, des autres Ciprinidés. Et c’est un poisson qui arrive à facilement proliférer, notamment dans les eaux closes, les petites étendues d’eau comme ça, les petits plans d’eau, les complexes d’étangs. Et il a été introduit, comme je vous disais tout à l’heure, parce que sa robe est très jolie. On l’appelle aussi Perche arc-en-ciel, c’est un poisson d’aquariophilie à la base.

Intervention de Vincent Liémard, chargé d'étude à la Fédération de pêche du Pas-de-Calais

Et donc là on a les petites Perches soleil, juvéniles, ce qui est signe de reproduction malheureusement de cette espèce. Le code de l’environnement interdit de remettre ces poissons à l’eau une fois qu’on les a sortis. Donc ceux-là, on va les tuer et ils ne retourneront pas dans leur milieu.

Voix off

Les espèces envahissantes sont donc d’abord une menace pour biodiversité. Mais ces témoignages nous apprennent qu’elles ont aussi des répercussions sociales et économiques importantes.

Pour enrayer la prolifération des espèces envahissantes et protéger les espaces naturels régionaux, les associations environnementales mènent diverses actions d’information, de lutte et d’éradication.

Intervention de Franck Bedouet, chargé d'études au CPIE Val d'Authie

Donc nous, au CPIE Val d’Authie, on a mis en place depuis un an des chantiers de lutte sur le secteur de la vallée de la Canche et de l’Authie. Là, nous sommes sur un chantier d’éradication, enfin, de lutte, contre le Solidage glabre. Et donc là, ce qu’on fait concrètement pour le Solidage glabre, on va arracher toutes les plantes en prenant le plus de racines et de rhizomes possible pour affaiblir au maximum la population présente. Sachant que le Solidage est une plante vivace, donc qui va se maintenir l’hiver avec des rhizomes dans le sol, ce qui veut dire qu’il va falloir plusieurs années pour réussir à éradiquer la plante.

Voix off

Afin d’adopter une démarche globale, la DREAL s'est engagée dans l'élaboration d'une stratégie régionale de lutte contre les espèces exotiques envahissantes. Cette stratégie est coordonnée par le Conservatoire d'espaces naturels du Nord-Pas de Calais et repose sur trois axes.

Intervention de Nathalie Delattre, chargée de mission au Conservatoire d'espaces naturels du Nord et du Pas-de-Calais

Elle a pour axe principal, la mise en place d’un réseau de veille sur l’ensemble du territoire de la région. Le deuxième axe est la mise en place de plans de lutte pour les espèces prioritaires qui posent le plus de problèmes pour la biodiversité. Et le dernier axe, c’est la communication envers le grand public qui a une méconnaissance de la problématique et qui peut, par leurs actions, disséminer les espèces sans le savoir.

Prairie humide à la Calotterie - 2006 - © Vincent Cohez

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