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Transcription du film "Nature de nos jardins, de nos campagnes..."

Voix off

Depuis 1976 et la promulgation de la loi sur la biodiversité, les surfaces protégées dans le Nord – Pas-de-Calais n’ont cessé de progresser : elles représentent aujourd’hui un peu plus de 1% du territoire régional.

Au sein de ces espaces protégés est hébergée la majorité des espèces rares ou menacées que compte la région. En revanche, la biodiversité plus « ordinaire », présente partout ailleurs sur le territoire régional reste particulièrement exposée aux menaces. Les scientifiques constatent que de plus en plus d’espèces jusqu’alors communes se raréfient.

À l’occasion de la Journée de l’Observatoire qui s'est tenue à Armentières en juin 2015, plusieurs spécialistes régionaux ont apporté leur témoignage sur ce déclin de la nature ordinaire.

Qu’observent-ils et quels éléments d’explication peuvent-ils apporter ?


Le déclin de la flore sauvage

Voix off

La flore régionale, y compris la flore ordinaire, subit des menaces nombreuses et variées qui peuvent être classées en deux catégories : la destruction directe des habitats par un aménagement quelconque et la dégradation des habitats par la diffusion de polluants tels que les engrais et les pesticides.

Les fleurs, autrefois communes, qui égayaient nos campagnes, comme les Bleuets ou encore les Marguerites, se font aujourd’hui beaucoup plus rares.

Benoît Toussaint, chargé de mission au Conservatoire botanique national de Bailleul, nous illustre cette situation par le cas de la Marguerite...

Benoit Toussaint

« Marguerite : vous connaissez tous cette espèce. On la rencontre, essentiellement, dans des prairies de fauche. Souvent, dans nos campagnes, malheureusement, on peut voir en se promenant ce genre de paysages, des prairies qui sont à peu près totalement dépourvues de fleurs.

Comment et pourquoi en est-on arrivé là ?

L’objectif agronomique pour les prairies est de produire du fourrage pour le bétail. Pour avoir plus de fourrage, première étape, on va engraisser la prairie, on va apporter des fertilisants, des engrais.

On va sélectionner à force des espèces compétitives qui vont éliminer progressivement, les espèces les moins compétitives et donc on va avoir une première étape de la baisse de biodiversité dans les prairies.

Deuxième étape : comme on a apporté beaucoup d’engrais, on va avoir quelques grands compétiteurs et notamment des espèces, dites neutrophiles, qui aiment l’azote. Ce sont notamment les chardons, les orties, etc. Ces derniers vont commencer à gêner l’exploitation des prairies, donc on va passer à l’utilisation d’herbicides. On va éliminer tout sauf l’herbe.

On voit au travers de cet exemple rapide que finalement, aujourd’hui, Marguerite est devenue persona non grata dans les prairies."

Le déclin de la faune sauvage

Voix off

A la faune régionale dite « ordinaire », toujours en raison de la destruction et de la dégradation des milieux naturels, s'imposent les mêmes constats : les effectifs de populations d'animaux autrefois si communs ont beaucoup régressé ces dernières décennies, jusque parfois leur extinction.

Daniel Haubreux, naturaliste régional, nous évoque la situation actuelle des papillons de jour et la probable évolution de leurs populations.

Daniel Haubreux

"Si on dresse un petit état des lieux de l’état de la faune des papillons de jour dans la région Nord-Pas-de-Calais, entre 2000 et 2014, avant, on avait 73 espèces, dont 88 % sont autochtones.

Malheureusement, nous avons déjà perdu deux espèces entre 2000 et 2014.

Sur le tableau, les espèces les plus rouges sont les espèces les plus menacées et notamment, celles qui sont notées « RE » sont régionalement éteintes. Nous en avons 4. Cette liste sera réactualisée dans 10 ans à peu près et elle ne va pas s’améliorer. Le rouge va progresser et le orange va progresser. On va assister à un glissement de ce que nous appelons les espèces communes vers le statut d’espèces moins communes, peu communes, après menacées, quasi menacées et un jour régionalement éteintes."

Voix off

Entre bonnes et moins bonnes nouvelles, Vincent Cohez, directeur technique du CPIE Chaîne des Terrils nous parle des mammifères de la région.

Vincent Cohez

"Depuis plus de 40 ans, d’importants efforts sont menés au niveau international, national sur la protection des espèces et cela marche quand même pour quelques espèces. Les phoques notamment sur le littoral du Nord-Pas-de-Calais : le phoque gris ou le phoque veau-marin.

A l’autre bout de la région, nous avons la chance d’avoir un mammifère, un félin sauvage en région, qui s’appelle le chat forestier ou chat sauvage. Quelques chats forestiers sont en train de revenir dans l’Avesnois et notamment dans les forêts de Trélon et de Mormal.

On constate que l'Écureuil progresse encore, et progresse notemment vers le nord ouest de la région.

Ca ce sont les espèces pour lesquelles cela se passe bien. Mais malheureusement, mon constat doit aussi être négatif.

Et voilà l’espèce de chauve-souris la plus commune : la pipistrelle commune. Nous pensions qu’elle allait bien. Nous nous sommes rendu compte que les effectifs depuis 2006 ont baissé de 33 %.

Quelles sont les explications ?

C’est compliqué de comprendre pourquoi une espèce, qui était commune, peut disparaître. Il y a plein de raisons : la pollution, le changement parfois d’éclairage dans les communes, la disparition des insectes, peut-être des maladies, le changement climatique.

Voix off

Face à ce constat du déclin général des plantes et des animaux de la région, quelles solutions peuvent être envisagées ?
Les avis convergent : la responsabilité est du ressort de tous.

"Alors, il y a plusiquers niveaux de décision, que ce soit europééen parfois notemment tout ce qui concerne les limitations et interdictions des pesticides...
"Tout à l'heure, on disait qu'il y avait 4 millions d'habitants dans la région, ça devrait être 4 millions de millitants."
"C'est aussi notre responsabilité à chacun, dans notre jardin, dans notre commune etc. de faire évoluer les choses dans le bon sens."
"On est tous acteur, on peut tous intervenir pour favoriser la biodiversité. "
"En contribuant déjà pour commencer à cette connaissance."
"A notre échelle, dans notre jardin, on peut créer plein de choses qui vont favoriser la nature."

La légende amérindienne du petit Colibri

"Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? Je le sais, répondit le colibri, mais je fais ma part."

Le village d'Acquin-Westbécourt - 2005 - © Vincent Cohez

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