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Regard sur... la flore sauvage du Nord - Pas-de-Calais

Les textes ci-dessous sont la transcription textuelle du reportage sur la flore sauvage du Nord - Pas-de-Calais, réalisé par l'Observatoire régional de la biodiversité en 2014.

Voix off

Le Nord - Pas-de-Calais se caractérise par une diversité de paysages source de richesses biologiques : son littoral, ses plaines, ses vallées, ses coteaux, ses bocages et son bassin minier recèlent une mosaïque de milieux naturels et  hébergent une précieuse biodiversité.

La région accueille 1/3 des 4500 espèces de plantes sauvages répertoriées en France. Certaines sont de vrais joyaux botaniques car très rares à l'échelle nationale, voire européenne.

Toutefois, ce patrimoine végétal exceptionnel ne doit pas en masquer la fragilité.

Avec 112 espèces disparues de nos paysages depuis le début du XXème Siècle, le rythme de disparition de la flore régionale est aujourd'hui évalué à 1,3 espèces par an.

Le travail mené par le Conservatoire botanique national de Bailleul sur la Fritillaire pintade illustre la réalité de ce constat et les efforts déployés pour endiguer ce déclin.

Bertille Valentin, Chargée de mission référente au Conservatoire botanique national de Bailleul (CBNBl)

La Fritillaire pintade n'est connue dans le Nord - Pas-de-Calais qu'ici à Frelinghien. Elle était autrefois présente dans plusieurs communes le long de la vallée de la Lys au 19ème Siècle.

Par contre, elle a totalement disparue du fait de l’assèchement des prairies, de l'amendement des prairies et des fauches précoces. Donc il n'y a plus que sur ce site que le Fritillaire survit.

La Fritillaire a été découverte sur ce site au début des années 90. En 1997, une gestion différenciée a été mise en place, il s'agit d'une fauche tardive réalisée fin juin après la dispersion des graines de la Fritillaire.

Chaque année, on vient suivre l'évolution de la population de Fritillaire. On réalise une cartographie avec un appareil de précision, un tachéomètre, qui nous permet de bien connaître l'évolution spatiale de la population. Et on réalise un comptage de chaque individu qui fleurit.

Et depuis la mise en place de cette gestion, la population de Fritillaire est passée de 9 individus à presque 600.

Voix off

La protection de la flore régionale repose aujourd'hui essentiellement sur la mise en réserve et la gestion d'espaces naturels. Le Conservatoire botanique, tel que sur la Dune fossile de Ghyvelde, y réalise des suivis réguliers afin d'améliorer les connaissances sur les végétations qui les composent et renforcer les opérations de gestion qui y sont menées.  

Christophe Blondel, Chargé de mission référent suivi et gestion au CBNBl

On est ici dans un ex-clos qui est au sein d'un grand enclos de pâturage qui fait à peu près 70ha, c'est pâturé par des chevaux.  L'ex-clos permet en fait d'éviter que ce secteur ne soit pâturé, et il est divisé en deux parties : la partie à ma gauche qui est fauchée, et la partie ici qui est témoin et qui n'est pas gérée.  

Le suivi que le Conservatoire botanique national de Bailleul réalise ici est un suivi des végétations par quadrat phytosociologique qui sont lu régulièrement, à peu près chaque année. C'est un quadrat permanent, on a des petits piquets métalliques qui sont laissées dans le sol et qu'on retrouve grâce à des détecteurs de métaux. Et donc chaque année, on est exactement au même endroit, cela nous permet de suivre finement l'évolution de la végétation sur un spot très très précis.  

On fait un relevé phytosociologique, c'est à dire qu'on détermine toutes les espèces présentes, à la fois flore vasculaire et bryophytes, et on leur attribue un coefficient d'abondance-dominance. Et l'évolution des coefficients au fil des ans nous permet de voir si une espèce régresse ou diminue. Et avec le cortège d'espèces qui sont présentes, on arrive à voir également quelle type de végétation est présente sur le site.  

Voix off

Le maintien de la biodiversité végétale à l'échelle régionale ne pourra être effectif à long terme que s'il est pris en compte par tous les acteurs du territoire, citoyens, aménageurs et décideurs confondus.

Le Conservatoire botanique a donc créé DIGITAL 2 en 1994, une base de donnée accessible à tous qui centralise presque 4 000 000 d'observations de plantes sauvages en région.

Alexis Desse, responsable système d'information au CBNBl

Il y a les données qui sont produites directement sur le terrain. Dans ce cas là, les professionnels utilisent ce type d'outils, les tablettes PC, qui leur permet de saisir directement sur le terrain les données, les observations de plantes.

Nous avons aussi, à partir de notre bibliothèque,  enregistré toutes les observations historiques des flores anciennes, des articles scientifiques, des thèses. Donc là, c'est la saisie qui est faite au bureau.

Et c'est une fois que ces données ont été qualifiées que les données sont restituées sur notre site Internet via Digitale2. Ce qui permet à tout citoyen de connaître la liste des espèces présentes dans sa commune, et de savoir pour un citoyen ou un maire qui a envie de définir un plan local d'urbanisme où se situe les enjeux. Ca permet aussi, à des aménageurs de connaître précisément via le système s'il y a des espèces protégées qui pourraient être impactées par l'aménagement.

La vallée de la Canche - 2007 - © Claudia Cerrato

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