Enjeu
Les zones humides, un patrimoine en sursis
Marais, tourbières, mares et prairies inondables comptent parmi les milieux les plus riches — et les plus menacés — de la région. Pourquoi les préserver ?
Que sont les zones humides ?
On appelle zones humides les milieux où l'eau, permanente ou temporaire, façonne les sols et la vie : marais, tourbières, mares, prairies inondables, roselières, pannes dunaires, bords de cours d'eau. Longtemps considérées comme des espaces insalubres à assécher, elles sont aujourd'hui reconnues comme des milieux essentiels, parmi les plus riches en biodiversité.
Des services irremplaçables
Les zones humides rendent de nombreux services :
- elles régulent l'eau, en atténuant les crues et en soutenant les débits en période sèche ;
- elles filtrent et épurent naturellement l'eau ;
- les tourbières stockent d'énormes quantités de carbone, jouant un rôle dans la lutte contre le changement climatique ;
- elles abritent une biodiversité exceptionnelle, dont de nombreuses espèces protégées.
Un réservoir de vie
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, les zones humides accueillent une part importante des espèces menacées : oiseaux comme le Busard des roseaux, la Gorgebleue à miroir ou la Cigogne blanche, amphibiens comme le Triton crêté, libellules comme l'Agrion de Mercure, plantes rares comme le Rossolis, le Liparis de Loesel ou la Parnassie des marais. Ces espèces signalent des milieux fonctionnels et en bon état.
Des milieux en fort recul
Partout, les zones humides régressent : drainage, comblement, urbanisation, intensification agricole, extraction de la tourbe, pollution, enfrichement faute d'entretien. Chaque mare comblée, chaque marais drainé, c'est une part de biodiversité et de résilience du territoire qui disparaît.
Agir, même à petite échelle
Créer ou restaurer une mare, préserver une prairie humide, éviter de drainer un terrain gorgé d'eau, limiter les intrants : à l'échelle d'un jardin, d'une exploitation ou d'une commune, chaque geste en faveur des zones humides compte.
Restaurer plutôt que subir
La bonne nouvelle, c'est que les zones humides peuvent se restaurer. Reconnexion des cours d'eau, remise en eau de marais, création de mares, gestion douce par fauche ou pâturage extensif : de nombreuses actions permettent de redonner vie à ces milieux. Le retour de la Cigogne blanche dans les marais régionaux en est le symbole : quand le milieu redevient favorable, la vie revient.
Sources et pour aller plus loin
- Convention de Ramsar sur les zones humides ; agences de l'eau.
- Conservatoire botanique national de Bailleul ; conservatoires d'espaces naturels.