Description
Le Grand Rhinolophe est la plus grande des chauves-souris « fer à cheval » d'Europe. Il doit son nom à l'excroissance nasale en forme de fer à cheval qui entoure ses narines et joue un rôle dans l'émission des ultrasons servant à son écholocation. Au repos, il s'enveloppe entièrement dans ses ailes, comme dans une cape, ce qui le distingue des autres chauves-souris régionales.
Habitat et répartition régionale
L'espèce a besoin de deux types de gîtes complémentaires : des cavités souterraines (anciennes carrières, caves, blockhaus, ouvrages militaires) pour l'hivernage, et des combles chauds et tranquilles pour la mise bas en été. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, les nombreuses cavités d'origine humaine — carrières de craie, souterrains, fortifications — constituent des sites d'hibernation précieux.
Pour chasser, il lui faut un paysage de bocage, avec haies, prairies pâturées et lisières boisées reliées entre elles : ces structures lui servent de corridors et concentrent ses proies.
Mode de vie
Le Grand Rhinolophe se nourrit de gros insectes — coléoptères, papillons de nuit — qu'il chasse au vol ou capture à l'affût depuis un perchoir. Il suit volontiers les haies et évite les espaces ouverts dépourvus de repères. Très fidèle à ses gîtes, il peut réutiliser les mêmes cavités pendant des décennies.
En hiver, il entre en hibernation : sa température corporelle et son rythme cardiaque chutent fortement pour économiser l'énergie. Un réveil provoqué par un dérangement lui fait consommer des réserves de graisse vitales, ce qui peut compromettre sa survie jusqu'au printemps.
Une espèce « parapluie »
Protéger le Grand Rhinolophe, c'est préserver tout un réseau de haies, de prairies et de cavités dont bénéficient une multitude d'autres espèces. C'est pourquoi il figure parmi les espèces prioritaires du réseau Natura 2000.
Enjeux de conservation
Menacé par la disparition du bocage, l'usage des insecticides qui raréfient ses proies, la condamnation ou l'aménagement des cavités et le dérangement hivernal, le Grand Rhinolophe a fortement régressé au XXe siècle. Régionalement rare, il fait l'objet de mesures de protection des gîtes (grilles préservant l'accès aux chauves-souris tout en interdisant celui du public) et de restauration des trames bocagères.


