Arbres et arbustes

Chêne pédonculé

Quercus robur L.

Géant tutélaire des forêts et du bocage, le chêne pédonculé abrite une biodiversité foisonnante et incarne la longévité des paysages du Nord.

Description

Le chêne pédonculé est un grand arbre à feuilles caduques, pouvant atteindre vingt à trente-cinq mètres, à houppier large et étalé et à tronc puissant couvert d'une écorce épaisse, crevassée et grisâtre. Ses feuilles, alternes, présentent des lobes arrondis et un limbe rétréci à la base en deux petites oreillettes, avec un pétiole très court. Ses glands, caractéristiques, sont portés par un long pédoncule, d'où le nom de l'espèce, ce qui le distingue du chêne sessile aux glands presque sans pied. C'est un arbre robuste et de grande longevité.

Habitat et répartition régionale

Le chêne pédonculé tolère une large gamme de sols, avec une préférence pour les terrains profonds, frais et riches, y compris les sols lourds et temporairement engorgés. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, il domine de nombreuses forêts et sous-bois, participe aux chênaies-charmaies des massifs et constitue un arbre emblématique du bocage, où il ponctue haies, prairies et bords de chemins. On le retrouve aussi dans les vallées alluviales et les boisements des sols frais, formant l'ossature de nombreux paysages boisés régionaux.

Biologie

Arbre monoïque, le chêne pédonculé fleurit d'avril à mai : les fleurs mâles, en chatons pendants, et les fleurs femelles, discrètes, permettent une pollinisation par le vent. Les glands mûrissent à l'automne et sont largement disséminés par les animaux, en particulier les geais et les rongeurs qui les enfouissent. La croissance est lente mais soutenue, et l'arbre peut vivre plusieurs siècles. Il constitue un écosystème à lui seul, hébergeant une multitude d'insectes, de champignons, d'oiseaux et de mammifères, faisant de lui l'une des essences les plus riches en biodiversité associée.

Enjeux de conservation

Non menacé, le chêne pédonculé demeure une essence forestière et bocagère majeure. Sa conservation passe par le maintien des vieux arbres et du bois mort, essentiels à de nombreuses espèces saproxyliques, ainsi que par la préservation des haies bocagères, en régression sous l'effet du remembrement et de l'intensification agricole. Le changement climatique et les épisodes de sécheresse, comme certains dépérissements et ravageurs, constituent des sources de préoccupation. Favoriser la diversité des essences et préserver les arbres remarquables contribuent à la pérennité de ce patrimoine arboré régional.

Sources et pour aller plus loin

  • Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Muséum national d'Histoire naturelle.
  • Conservatoire botanique national de Bailleul.

Fiche mise à jour le 26 juillet 2026.

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