Description
Le Demi-deuil se distingue immédiatement par son motif en damier noir et blanc, un dessin en mosaïque qui couvre le dessus comme le dessous des ailes. Le revers des ailes postérieures, plus finement marqué, porte une série de petits ocelles cerclés. Cette livrée contrastée, unique parmi les papillons de la région, le rend impossible à confondre. Son vol, plutôt lent et flottant, l'amène à se poser fréquemment sur les fleurs des prairies, ailes ouvertes au soleil.
Habitat et répartition régionale
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, le Demi-deuil affectionne les prairies naturelles, pelouses calcaires, friches herbeuses, talus et bords de chemins riches en graminées et en fleurs. Il apprécie les milieux ouverts, ensoleillés et peu fauchés, notamment les coteaux et les prairies maigres où subsistent des herbes hautes. Sa présence témoigne souvent du bon état de conservation de ces milieux herbacés, aujourd'hui devenus plus rares dans les paysages intensivement exploités.
Mode de vie
L'espèce ne produit qu'une génération par an. La femelle laisse tomber ses œufs en vol au-dessus des herbes. Les chenilles, qui se nourrissent de diverses graminées sauvages, passent l'hiver au stade juvénile avant de reprendre leur développement au printemps, puis de se transformer en chrysalide au sol. Les adultes, actifs en plein été, butinent volontiers les fleurs mauves et violettes comme les centaurées et les scabieuses, participant à leur pollinisation.
Enjeux de conservation
Le Demi-deuil pâtit de la disparition des prairies naturelles et des pelouses sèches, victimes de l'urbanisation, de la mise en culture et de la fertilisation. La fauche précoce ou trop fréquente détruit chenilles et ressources florales, tandis que les pesticides appauvrissent les milieux herbacés. Maintenir des prairies extensives, retarder et espacer les fauches, préserver les pelouses calcaires et proscrire les traitements chimiques sont essentiels au maintien de ce papillon indicateur des prairies fleuries.


