Description
Le Faucon crécerelle est un petit rapace élancé au plumage roux tacheté de noir sur le dessus. Le mâle se distingue par sa tête gris-bleu, sa queue également grise barrée d'une large bande noire terminale, tandis que la femelle et les jeunes présentent un plumage plus uniformément roux et rayé. Le dessous, clair et moucheté, contraste avec les ailes sombres aux extrémités pointues.
Sa silhouette en vol est caractéristique : ailes étroites et anguleuses, longue queue. Mais c'est surtout son vol stationnaire — le « Saint-Esprit » — qui le trahit : face au vent, il bat rapidement des ailes pour rester immobile, tête fixe, avant de fondre sur sa proie. Ce comportement le rend aisément identifiable au-dessus des bords d'autoroutes et des prairies.
Habitat et répartition régionale
Espèce très adaptable, le crécerelle occupe une grande diversité de milieux ouverts du Nord et du Pas-de-Calais : plaines agricoles, bocage, prairies, friches, dunes du littoral, mais aussi villes et villages où il niche volontiers sur les édifices élevés, clochers ou immeubles. Les talus des grands axes routiers, riches en petits rongeurs, constituent des terrains de chasse privilégiés. Il est présent toute l'année sur l'ensemble du territoire régional.
Mode de vie
Son régime repose largement sur les petits mammifères, campagnols en tête, complétés d'insectes, de lézards et de petits oiseaux. Il chasse à l'affût depuis un perchoir ou en vol stationnaire, repérant ses proies avec une vue perçante, sensible notamment aux traces ultraviolettes laissées par les rongeurs. Le crécerelle ne construit pas de nid : il réutilise d'anciens nids de corvidés, des cavités de bâtiments ou de falaises. La femelle couve une nichée d'œufs tachés de roux, nourrie par le mâle durant l'incubation.
Enjeux de conservation
Longtemps répandu, le Faucon crécerelle connaît un déclin diffus de ses effectifs, lié à l'intensification agricole, à la raréfaction des campagnols et à la disparition des sites de nidification et des prairies. L'usage de rodenticides peut aussi l'empoisonner par ses proies. La préservation de zones enherbées, de bandes non traitées et la pose de nichoirs sur les bâtiments comptent parmi les mesures favorables au maintien de ce rapace utile et familier.


