Description
La Libellule déprimée doit son nom à son abdomen très large et aplati, trait qui la distingue nettement des autres espèces. Le mâle mature arbore un abdomen bleu clair pruineux, tandis que la femelle et les immatures affichent une teinte brun jaunâtre. Les quatre ailes portent chacune une tache brun sombre à leur base, marque caractéristique de l'espèce. Trapue et vigoureuse, elle se pose fréquemment sur les tiges dressées d'où elle surveille son territoire, prête à s'élancer.
Habitat et répartition régionale
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, la Libellule déprimée fréquente les eaux stagnantes peu profondes et bien ensoleillées : mares, étangs, fossés, ornières et bassins, y compris récemment creusés ou peu végétalisés. Espèce pionnière, elle est souvent l'une des premières à coloniser un nouveau point d'eau. On la rencontre dans les zones humides, les prairies inondables et jusque dans les jardins pourvus d'une mare, où elle s'installe rapidement.
Mode de vie
Le cycle se déroule pour l'essentiel dans l'eau. Après l'accouplement, la femelle pond en tapotant la surface de l'eau de son abdomen. La larve aquatique, prédatrice, se développe au fond de la mare durant un à deux ans, chassant petits invertébrés et alevins. Parvenue à maturité, elle grimpe sur une tige émergente pour la mue finale d'où émerge l'adulte. Ce dernier, redoutable chasseur en vol, capture moustiques et autres insectes, jouant un rôle de prédateur régulateur des milieux humides.
Enjeux de conservation
La Libellule déprimée reste commune, mais dépend étroitement de la présence de petits points d'eau de qualité. Le comblement des mares, le drainage des zones humides, la pollution des eaux et l'usage des pesticides menacent ses habitats de reproduction. Créer et entretenir des mares ensoleillées, préserver les zones humides et les fossés, et limiter les intrants agricoles favorisent cette espèce et l'ensemble du cortège des libellules, sentinelles de la santé des milieux aquatiques.


