Description
Le Lucane cerf-volant est le plus grand coléoptère d'Europe. Le mâle, brun-noir luisant, se reconnaît à ses énormes mandibules développées en forme de bois de cerf, qui peuvent atteindre une bonne part de la longueur du corps. La femelle, plus petite et dépourvue de ces appendices, est souvent confondue avec d'autres coléoptères. Ces « pinces » servent surtout aux joutes entre mâles pour l'accès aux femelles.
Habitat et répartition régionale
L'espèce est liée aux forêts de feuillus, aux vieux boisements, parcs, haies et vergers comportant du bois mort, en particulier des souches et des racines de chênes en décomposition. Dans le Nord et le Pas-de-Calais, les massifs forestiers comme la forêt de Mormal et les vieux bocages riches en arbres âgés lui sont favorables.
Mode de vie
Le Lucane est saproxylique : sa larve, de couleur crème et de grande taille, se développe pendant plusieurs années dans le bois mort en décomposition des souches, dont elle se nourrit, participant ainsi au recyclage de la matière organique. L'adulte, dont la vie est brève, apparaît en été et s'active surtout au crépuscule ; on l'observe parfois en vol lourd et bruyant autour des arbres, ou se nourrissant de la sève qui suinte des blessures.
Le bois mort, une ressource vivante
Loin d'être un déchet, le bois mort et les vieux arbres abritent une multitude d'espèces — insectes, champignons, chauves-souris, oiseaux cavernicoles. Conserver quelques arbres morts ou sénescents en forêt et dans les haies est l'un des gestes les plus utiles à la biodiversité.
Enjeux de conservation
Le Lucane cerf-volant pâtit de l'élimination systématique du bois mort, de l'abattage des vieux arbres et de l'enlèvement des souches. Espèce d'intérêt communautaire, il bénéficie du maintien d'arbres âgés et de bois mort en forêt, dans les parcs et les haies, ainsi que d'une sylviculture laissant vieillir une partie des peuplements.


