Insectes

Mante religieuse

Mantis religiosa (Linnaeus, 1758)

Prédatrice à l'affût, la Mante religieuse guette ses proies, pattes ravisseuses repliées, dans les friches et prairies chaudes de la région.

Description

La Mante religieuse est un insecte élancé, vert ou brun paille, au corps allongé et au long pronotum. Sa posture d'affût, les pattes antérieures ravisseuses repliées comme en prière, lui a valu son nom. Ces pattes, hérissées d'épines, se détendent avec une extrême rapidité pour saisir les proies. Sa tête triangulaire mobile et ses grands yeux lui confèrent une vision remarquable. Chaque patte ravisseuse porte une tache sombre en forme d'œil sur sa face interne, dévoilée en posture de menace pour impressionner un agresseur.

Habitat et répartition régionale

En limite septentrionale de son aire, la Mante religieuse se rencontre localement dans le Nord et le Pas-de-Calais, à la faveur des milieux chauds et ensoleillés. Elle fréquente les friches, prairies sèches, pelouses, talus, coteaux et lisières riches en herbes hautes et en insectes. Les sites bien exposés, comme certains terrils, dunes et pelouses calcaires, lui sont particulièrement favorables. Son extension vers le nord est suivie avec attention dans un contexte de réchauffement climatique.

Mode de vie

La Mante est une prédatrice exclusivement carnivore, chassant à l'affût sauterelles, mouches, papillons et autres insectes qu'elle capture d'un coup de pattes fulgurant. Après l'accouplement, la femelle pond ses œufs dans une oothèque, masse mousseuse durcie fixée à une tige ou une pierre, qui protège la ponte durant l'hiver. Les jeunes mantes émergent au printemps et grandissent par mues successives. Les adultes n'apparaissent qu'en fin d'été et disparaissent aux premiers froids, seule l'oothèque assurant la survie hivernale.

Enjeux de conservation

Bien que non menacée à l'échelle nationale, la Mante religieuse dépend, en limite d'aire, du maintien de milieux ouverts, chauds et riches en insectes. La disparition des friches et prairies fleuries, l'urbanisation, la fermeture des milieux par embroussaillement et l'emploi des pesticides, qui raréfient ses proies, la fragilisent localement. Préserver des friches et pelouses sèches, échelonner l'entretien de la végétation et proscrire les traitements chimiques soutiennent cette prédatrice spectaculaire et discrète.

Sources et pour aller plus loin

  • Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Muséum national d'Histoire naturelle.
  • Office pour les insectes et leur environnement (Opie).

Fiche mise à jour le 26 juillet 2026.

Autres fiches à découvrir