Flore du littoral

Salicorne d'Europe

Salicornia europaea L.

Plante charnue des vasières salées, la salicorne d'Europe colonise les schorres de la Côte d'Opale et rougeoie à l'automne sur les prés-salés.

Description

La salicorne d'Europe est une plante annuelle halophile à l'aspect singulier, haute de dix à trente-cinq centimètres. Sa tige, charnue et succulente, est articulée en segments cylindriques emboîtés, d'un vert glauque virant au rouge ou à l'orangé en fin de saison. Les feuilles, réduites à de minuscules écailles opposées, sont pratiquement invisibles, donnant à la plante son allure de petit cactus segmenté. Les fleurs, extrêmement discrètes, se logent en creux dans les articulations supérieures. Ce port articulé et cette consistance gorgée d'eau la rendent facilement reconnaissable sur les vasières.

Habitat et répartition régionale

Strictement inféodée aux milieux salés, la salicorne colonise les vasières et prés-salés du littoral, sur les schorres et slikkes régulièrement submergés par les marées. Sur la Côte d'Opale et dans les baies et estuaires du Nord et du Pas-de-Calais, elle occupe les vases nues du bas des prés-salés, souvent en peuplements pionniers. Tolérante à une forte salinité et aux immersions, elle prospère là où peu d'autres plantes peuvent s'installer, participant à la fixation des sédiments.

Biologie

Annuelle pionnière, la salicorne germe au printemps sur les vases salées et croît durant l'été. Sa floraison, discrète, intervient surtout d'août à septembre ; la pollinisation, en partie assurée par le vent, s'accompagne d'une forte capacité d'autofécondation. À l'automne, les tissus se colorent de rouge avant que la plante ne dépérisse en libérant ses graines, dispersées par les marées et les courants. Adaptée à la sécheresse physiologique du milieu salé, elle stocke l'eau dans ses tissus charnus pour résister à la concentration en sel.

Enjeux de conservation

Non menacée nationalement, la salicorne d'Europe dépend étroitement de la préservation des prés-salés et vasières littorales, milieux sensibles à l'artificialisation des côtes, aux endiguements, à la pollution et au piétinement. La récolte à des fins alimentaires, si elle est excessive ou mal conduite, peut localement affecter les peuplements. La protection des espaces estuariens et intertidaux de la Côte d'Opale, ainsi qu'une cueillette raisonnée, garantissent le maintien de ces communautés végétales caractéristiques du littoral régional.

Sources et pour aller plus loin

  • Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Muséum national d'Histoire naturelle.
  • Conservatoire botanique national de Bailleul.

Fiche mise à jour le 26 juillet 2026.

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