Description
Le Tadorne de Belon est un grand canard au plumage contrasté, à mi-chemin entre le canard et l'oie par sa silhouette et son allure. Son plumage est blanc marqué de noir, avec une large bande rousse ceinturant la poitrine et le haut du dos, une tête et un cou d'un noir verdâtre lustré, et un bec rouge vif. Les pattes sont roses.
Le mâle se distingue par un tubercule rouge proéminent à la base du bec, particulièrement gonflé en période nuptiale, absent chez la femelle. Les deux sexes se ressemblent par ailleurs beaucoup, ce qui est rare chez les canards. En vol, l'oiseau paraît noir et blanc, avec un battement d'ailes puissant et régulier. Les jeunes, plus ternes, sont blancs et bruns et dépourvus de la ceinture rousse.
Habitat et répartition régionale
Espèce typiquement côtière, le Tadorne de Belon fréquente les estuaires, baies, vasières et prés-salés du littoral du Nord et du Pas-de-Calais. La Côte d'Opale, les estuaires de la Canche, de l'Authie et de l'Aa, les plaines maritimes et les réserves littorales concentrent l'essentiel de ses effectifs, aussi bien pour la nidification que pour l'hivernage. Il recherche des vasières riches en invertébrés pour se nourrir et des cavités ou terriers à proximité pour nicher.
Mode de vie
Il se nourrit principalement de petits invertébrés de la vase — mollusques, crustacés, vers — qu'il récolte en balayant la surface humide d'un mouvement latéral du bec ou en filtrant l'eau peu profonde. Fait remarquable, il niche dans des cavités : anciens terriers de lapin, cavités naturelles, parfois loin de l'eau. Après l'éclosion, les familles rejoignent les vasières, où les jeunes de plusieurs couvées peuvent être rassemblés en crèches surveillées par quelques adultes. Certaines populations effectuent une migration de mue vers de grands estuaires.
Enjeux de conservation
Classé en préoccupation mineure, le Tadorne de Belon dépend étroitement de la qualité et de la tranquillité des estuaires et vasières. Il reste sensible au dérangement sur les zones d'alimentation et de reproduction, à la pollution des milieux littoraux et à la réduction des espaces intertidaux. La préservation des estuaires, des prés-salés et des réserves du littoral régional, ainsi que la maîtrise du dérangement, sont déterminantes pour ses populations.


