Description
Le Triton palmé est le plus petit des urodèles de la région. De teinte brun-olive à jaunâtre, il présente un ventre clair et une gorge généralement immaculée, sans taches, critère qui le distingue du Triton ponctué. En période de reproduction, le mâle se pare de caractères remarquables : ses pattes postérieures deviennent nettement palmées (d'où son nom) et sa queue se termine par un court filament. Les flancs peuvent porter deux lignes sombres discrètes.
Habitat et répartition régionale
L'espèce se reproduit dans une grande variété de petits points d'eau stagnante : mares de bocage, fossés, ornières, dépressions forestières, y compris de faible superficie. Hors de l'eau, elle occupe les milieux frais avoisinants — boisements, haies, prairies humides. Bien répartie dans le Nord et le Pas-de-Calais, elle profite du réseau de mares du bocage et des zones humides, où sa discrétion la rend souvent plus fréquente qu'il n'y paraît.
Mode de vie
Le cycle de vie du Triton palmé alterne phase aquatique et phase terrestre. Au printemps, les adultes rejoignent les mares pour la reproduction : le mâle parade devant la femelle, qui pond ses œufs un à un en les repliant dans les feuilles de plantes aquatiques. Les larves, munies de branchies externes, se développent dans l'eau avant la métamorphose. Le reste de l'année, les adultes mènent une vie terrestre nocturne, se cachant sous les pierres, le bois mort et la litière, où ils chassent de petits invertébrés.
Enjeux de conservation
Comme les autres amphibiens, le Triton palmé dépend d'un réseau dense de mares de qualité ; leur disparition, leur comblement et le drainage des zones humides constituent ses principales menaces. L'empoissonnement des mares, la pollution des eaux et la fragmentation des milieux terrestres aggravent son déclin local. L'espèce est protégée en France : il est interdit de la capturer, de la manipuler ou de la déplacer d'une mare à l'autre, geste qui favorise en outre la propagation de maladies.


