Description : à quoi ressemble la « guêpe bleue » ?
Quand on parle de guêpe bleue dans un jardin du Nord ou du Pas-de-Calais, il s'agit presque toujours d'une guêpe coucou de la famille des Chrysididés (Chrysididae). La plus commune, Chrysis ignita, mesure 7 à 13 mm. Sa tête et son thorax sont d'un bleu ou d'un vert métallique intense, son abdomen d'un rouge cuivré brillant : l'aspect métallique, dû à la structure de la cuticule et non à un pigment, change avec la lumière. Le corps est trapu, densément ponctué, les ailes enfumées, les antennes courtes. D'autres espèces régionales, comme Hedychrum nobile, sont bleu-vert et rouge, ou entièrement vertes.
Un second insecte porte ce nom sur internet : la potière bleue (Chalybion californicum, « blue mud dauber » en anglais), une guêpe fouisseuse et maçonne d'Amérique du Nord, longue de 10 à 23 mm, bleu-noir, qui construit des cellules de boue et y stocke des araignées paralysées pour ses larves. Elle est absente de France : les photos de « guêpe bleue potière » qui circulent viennent du Québec ou des États-Unis. En Europe, les guêpes maçonnes à cellules de boue (Sceliphron) sont noires et jaunes, et la vraie guêpe bleue de nos jardins est bien la chryside.
Habitat et répartition régionale
La guêpe coucou vit partout où nichent ses hôtes : jardins, vergers, lisières, murs de briques anciens, talus sableux, dunes de la Côte d'Opale, terrils du bassin minier. On la repère de mai à septembre, par temps chaud, courant sur les murs et les vieux bois exposés au soleil, ou posée sur les fleurs d'ombellifères où elle boit du nectar. Les hôtels à insectes des jardins l'attirent particulièrement : c'est souvent là que les habitants du Nord la photographient pour la première fois. Commune dans les deux départements, elle n'est pas menacée.
Mode de vie : une parasite des abeilles maçonnes
Son nom de coucou dit tout. La femelle n'élève pas sa descendance : elle guette une abeille maçonne (osmie), une guêpe maçonne ou une guêpe solitaire en train d'approvisionner son nid, se glisse dans la cellule avant qu'elle ne soit fermée et y dépose un œuf. Sa larve éclot, dévore la larve de l'hôte puis ses provisions, et se métamorphose dans la loge usurpée : c'est le cleptoparasitisme. Surprise par la propriétaire du nid, la chryside se roule en boule, protégée par sa cuticule épaisse et sa face ventrale concave, puis repart. Les adultes, eux, se nourrissent de nectar et de miellat et participent à la pollinisation.
Une guêpe qui ne pique pas (ou presque)
Chez les chrysides, l'aiguillon est réduit et sert surtout de tarière pour la ponte ; il ne perce pas la peau humaine. La guêpe coucou n'a aucun effet néfaste sur la santé humaine, ne construit pas de nid chez vous et n'est pas agressive. On peut l'observer à loisir, et même la laisser courir sur la main.
Reproduction et cycle annuel
Les adultes émergent de mai à juillet, les mâles d'abord. Après l'accouplement, chaque femelle inspecte sans relâche les nids de ses hôtes et dépose un œuf par cellule, parfois plusieurs dizaines au cours de sa vie. La larve se développe en quelques semaines dans la loge, puis passe l'hiver en prénymphe dans un cocon, à l'abri du nid parasité, pour éclore au printemps suivant. Une seule génération par an dans le nord de la France ; les premières chrysides sont visibles dès les beaux jours de mai sur les murs chauffés par le soleil.
Confusions possibles
Trois voisins de la fiche peuvent être pris pour une guêpe bleue : le xylocope violet, grosse abeille noire aux ailes bleu-violet, bien plus grande (20 à 30 mm) ; les halictes et osmies bleu-vert, abeilles solitaires plus velues ; et certaines mouches métalliques (lucilies vertes), qui n'ont que deux ailes. La guêpe poliste et les guêpes sociales, jaunes et noires, ne prêtent pas à confusion. Pour reconnaître les guêpes de France espèce par espèce, le guide de notre partenaire sur les espèces de guêpes en France complète cette fiche.
Observer et contribuer
Photographiez la guêpe coucou de face et de profil, si possible avec une échelle, et versez vos observations sur Faune-France ou iNaturalist : les chrysides restent mal connues dans la région et chaque donnée compte pour la liste des espèces du Nord et du Pas-de-Calais.


